Où es tu Amour
pendant que je marche?
Le monde n'est pas si loin
J'avais acheté, à Corte, La Veuve de Papier de John Irving, en livre de poche, 649 pages. Pas très malin, car au bout de deux jours je l'ai évidemment trouvé trop lourd devrais je chaque jour, à chaque refuge, déchirer les pages lues, les déposer sur un cairn en laissant un petit mot : à suivre, daily! 21 pages à Sega, 13 à Vaccaggia, 7 au col de Vergio, 31 à Marignana etc; comme un petit poucet déposant ses cailloux les mésaventures d'Eddie O Hare et de Ruth Cole illustrant mon passage ....
" Ne pleure pas, mon poussin, dit Marion à sa fille unique. C'est Eddie et moi, c'est tout " la fin, à Cargèse!
Pas fini! Je croyais pourtant.je n'ai pas résisté ce matin, dernier jour. J'ai accompagné Joce jusqu'à la tour génoise à la pointe de la petite presqu'ile, petite apothéose à ce Mare à Mare. L'endroit est magnifique, une des plus belles tours de l'ile qui en compte une trentaine. Un beau ciel d'orage, un vent avoisinant les 90-100 km/h. Joce se serait elle envolée si elle n'avait pas mis des pierres dans toutes ses poches ? Pierres de la terre et de la couleur corse qu'elle déposera sur la tombe de Jean Louis, là bas en Haute Savoie .... Pas belle la vie ?
Après ?... Laure pleure! nous sommes chez Benjamin et Laure pleure .... ils se séparent ... se quittent ...ne se supportent plus, combien ai-je entendu de femmes pleurer... trop ... Elise d'abord , j'avais quinze ans... et puis les autres ... l'Homme et la Femme! des semblables si différents qui réparent sans cesse des morceaux cassés, usés, effilés, épars voilà ce que j'ai dans la tête en rentrant ... demain ..., voiture, autoroute, clefs, appartement, lit, des draps, du courrier ....
à l'année prochaine, si tout va bien !
27 août 2009
derniers jours
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robert paravy
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06:26
13 août 2009
Vers la Fin ...
l'échinops d'or
craque sous les tongs
la mer en bas, déchainée .....
je n'ai pas la haute main sur les souvenirs, plusieurs pans de ma vie m'ont échappés, mais la Corse, oui, reste un haut lieu, avec les enfants( petits), les amis( perdus ), les amours( blondes ou brunes ) pour combien de temps encore ....Joce prévoit le Mare é Monti nord de Bonifato à Evisa pour juin 2010... je dis peut être .
Je marche et l'esprit divague, toute la vie dans la tête, et les racines et Bruce Springsteen , les sitelles et Peter Gabriel , la plaine et Cohen, les chèvres les ânes et Bob Dylan, s'user les genoux et Killing the Blues, le Tavignano et Désolation Row, la musique est dans ma tête puis replie ses ailes avec l'Héllébore, le Cyste, l'Aneth, Alanis Morisette, le Sorbier, l'Immortelle, les cailloux, Mariée Sioux, le sauvage oeillet et Gérard Manset et puis le silence , seulement le vent dans les Lariccios et sous mes pas le respect de cette nature , ma soeur qui vit là,avec moi, regarde le lézard qui fuit, l'oiseau qui te suit, la vache , son veau qui te regarde passer à peine apeuré, le papillon presque sur ta main et les odeurs, sauvages, sariette, thym, romarin, aulne, myrthe, chèvrefeuille, je deviens cette Corse avec ma sueur, mes douleurs , mon énergie, ma fatigue quand je veux tout voir ... chaque couleur de pierre, d'eau ou de feuille.
Je me réveille , le ciel n'a pas encore tout à fait lavé la nuit , nous allons quitté Rognia pour Cargèse
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robert paravy
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03:51
27 juillet 2009
Rognia ( Marignana - e Case )
Chante l'oiseau , chante ! Tu peux chanter , est ce que j'ai le coeur à chanter moi , à grimper sous un soleil écrasant , terre sèche , graviers et pierres dures coupantes , à espérer plus loin , l'ombre des grands arbousiers . On a quitté l'hospitalité du refuge de Rognia ( e Case ) pour notre dernière étape vers Cargèse. Mare et Mare , Mare et Monti faciles ? Pas si durs que le GR , mais faciles , non ! Nous arriverons fourbus dans le centre de Cargèse , la pharmacie indique 19 Juin - 17h45 - 44°. Nous ne trouverons un camping qu'à Torragia , 4 km encore et sur du bitume. oui , pas le choix !
Les pâtes ! On a fini leurs pâtes ! A Rognia nous avions retrouvé des randonneurs déjà rencontrés dans la journée , un groupe de villeurbannais qui font les refuges , peuvent pas finir leurs pâtes , trop copieusement servies par le logeur ; Joce lorgne sur les casseroles encore fumantes , le chien aussi , nous sommes choisis pour les finir et c'est TOP ! Je finis des cerises ceuillies le matin au Stade et suis malade toute la nuit , migraine et cauchemars dans lesquels je vois Nathalie et ses enfants venus à Lyon pour un étrange mariage-divorce de son frère , étrange cérémonie où les enfants sont vétus de noir et cagoulés , où ma femme , à la fois brune et blonde , à la fois Monique et Héléne me présente à un metteur en scène-amant hirsute comme " un mari largué ". Comment dormir ?
J'entends des bruits .... des sangliers ?
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robert paravy
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02:40
26 juillet 2009
du Ninu à Marignana
Sur chaque cairn
délicatement
J'ai posé une , deux , trois
ou quatre pierres
Juste un petit calin , les poulains s'approchent et demandent une caresse ; la grande plaine verte du Ninu est généreuse de splendeur ; la douceur des pozzines , ces verts , tendre mousse sous les pieds nus, le miroir noir et bleu de l'eau et les taches noires , blanches et fauves de ces chevaux , tout est calme , reposé .... j'ai couru , nu-pieds dans ce gazon épais et humide , j'ai couru jusqu'aux rives du lac
Passé le plein soleil
Retrouver l'ombre dense et fraiche
De l' Hétraie
Attention Renard ! J'y crois pas ! le renard , la passerelle de Koh Lanta , les Dieux du Stade !
Camping du Col de Vergiu , bataille avec un renard à 3h30 du matin en train de chiper notre sac de nourriture , presque éparpillée à 1m50 de la tente . J'ai tout récupére , de justesse ! Renard bredouille !
Redescente sur Evisa ( voir GR 2007 ) Bar de la Poste , et 2 Torra ! Joce apprécie , découvre la Torra ! fraiche , douce , la mousse sur les lèvres et ce goùt d'arbouse . Un roman !
Repartir, remettre les chaussettes les chaussures , le sac , remplir les bouteilles à la fontaine et là ; on retrouve le Mare é Moti Nord qui nous emménera vers Cargèse via Marignana . C'est une forêt de contes et légendes , chemin noir bordé de murs de pierres ancestraux , arbres énormes , tordus , noirs aussi ; on se sent comme des hobbits là-dedans , y a surement des sorcières dans les troncs d'arbres , même des arbres qui nous parlent ou qui pleurent ; on traverse des torrents sombres où le soleil a du mal à amener sa lumière et ses couleurs et puis c'est une passerelle pas possible , étroite , brinquebalante dont la première latte est loin de la rive , funambules mais pas trop , il faut d'abord marcher sur un cable avec des chaussures de montagnes et un sac de 15 kgs ( j'exagère ? ) !
et puis les Dieux du Stade ! arrivés à Marignana le gîte est complet , on envisage de dormir derrière la fontaine du village mais il y a des voitures , des chiens qui viennent boire ou pisser ( pourquoi pas sur nos sacs ? ) , on va remarcher un peu (? ) jusqu'à trouver un espace sommeil
un vieux corse nous demande où on va et nous sauve notre soirée " Montez jusqu'au stade et entrez, y a personne , vous serez tranquilles , passez par les marches en bois ". La tente sera dressée près des buts , et le repas Dans les buts , personne pour nous applaudir mais nous avons gagné le stade ! Bonne nuit les champions !
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robert paravy
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06:16
12 juillet 2009
quitter Sega
Ne pas penser à d'autres mondes
Juste ici
Apprécier la beauté
Cécile se marie, Stéphane et Morgane divorcent, de quoi peut-on se réjouir ou se lamenter ? applaudir , pleurer ? Doit-on-poser la question ? Cécile se marie à l'age où sa mère me quittait pour un autre.... est ce qu'à l'age de Liam je priais (?) déjà pour que ma mère quitte mon père? peut être pas , mais à sept ans oui . L'amour , le désamour , les non-dits , la violence , l'incompréhension , les erreurs , de parcours , de jugements , les enfants ou non , c'est l'homme et c'est la femme ..... une sitelle se pose près de moi et je n'ai plus envie d'écrire , elle me regarde !
Journée GR 20 . De Sega nous avons suivi le cours du Tavignano, magique dans ses gorges et ses cascades , jusqu'aux bergeries de Vaccaggiu. Achat de fromage obligatoire , bivouac gratuit , nous sommes là sur le GR 20 , direction le Ninu , le col de St Pierre ( la Bocca de San Pietru ) et le col de Vergiu . Bien sur , Joce n'a pas retrouvé les traces de chaussures de Jean Louis et ça a été les premières larmes , quelques mots de profonde tristesse sur l'absence , les plaisirs perdus , un futur trop vague sans lui ; je ne dis rien , seulement : " Je pense qu'il est heureux de te savoir sur ce chemin et à en découvrir comme lui la beauté ".... Regarde ce lac !
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robert paravy
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03:22
8 juillet 2009
just walking ...
....ain't talking , just walking , je marche , je marche avec ma vie dans la tête , en désordre , y a mes amours , mes filles , mes amis , mes erreurs , mes angoisses , ce que je vaux ... un sacré fatras . Y a t'il de la place pour l'espoir ? Je m'arrête , photographie des racines qui sont comme des sculptures, naturelles , belles et terrifiantes, racines de hêtres , de pins , de grand-aulnes ... mes racines ? qu'elles sont elles ? je n'ai jamais su.
Arrivée aux bergeries de Vaccaggia, à deux doigts de mon paradis , le Ninu. nous y serons demain , nous allons rester là , trop bien , trop beau ; il y a les chevaux , les mules , les bergers corses , leur accent , leurs fromages et La Piétra , ambrée à la châtaigne, fraiche , mousseuse bien sur . qui en appelle une autre .
Ici, nous avons rejoint le GR20 , Joce va marcher dans les pas de Jean Louis , à la fois heureuse et en peine, au dessus de nous là-haut , entre les névés , on voit la Brêche , la Porte du Monde , j'avais souffert là-haut . Deux ans déjà , et un absent .
Cette ile semble si grande , entre d'énormes blocs de granit et de vastes plaines ,comme un gazon épais , dans ces pozzines qui marient toute la gamme des verts tendres , on entend les sitelles et les meuglements d'une vache qui appelle son veau , bientôt les clochettes des chèvres qui descendront d'on ne sait où ; il est 15 h 30 , toute l'après midi est devant nous , rien ne presse , rien ne stresse , le temps à la mesure de cette vallée superbe .
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robert paravy
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22:02
6 juillet 2009
le procès
Joce était arrivée , 10 h 14 à Corte ; tout de suite elle regarde le ciel, elle regarde la montagne .... ensuite devant un café , vite elle raconte , elle raconte le procès les yeux rougissent , se mouillent , elle raconte raconte encore une fois et moi j'entends la douleur , l'énorme chagrin , j'entends le fracas de la tôle qui explose , elle parle de la dureté , de l' inhumanité dont a fait preuve la compagnie d'assurances qui nie la peine , les peines , des frères , des soeurs , des enfants , d ' elle même ; on voit quand l'argent est en question le déni de la souffrance.Heureusement (? ) les juges ont tranché en faveur de la réelle tragédie , du malheur de cette famille .... et après il faut vivre , encore , tourner une page marquée de sang , avec l'empreinte de mort . Qui restera.
Putain de merde ; le PRIX D'UN HOMME !
"Dans les rivières l'eau que vous touchez est la fin de celle qui vient de passer et le début de celle qui arrive " L. de Vinci
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robert paravy
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12:50
