" Tous les malheurs de l'homme viennent de ce qu'il est incapable de rester seul au repos dans sa chambre "- Pascal -.... il arrive des bonheurs aussi ; ces douze jours de course sur le sentier en a été un , j'ai beaucoup bougé déjà , je bougerais encore ....
Le jour se lève , la roche et le maquis se colorent , le ciel devient rose , la mer gris et rose , les petits galets roses et gris de cette crique ont été un agréable matelas massant , mon poncho servant de tapis de sol , le matelas gonflant Thermarest , le duvet Warm 'n Light Lafuma , et les étoiles au plafond , on a dormi là , en pleine Scandola , donc illégalement ; le bivouac est strictement interdit en Corse en général , et sur cette réserve classée au patrimoine de l'Unesco tout particulièrement. la mer est plate , par endroits maintenant presque noire , il est 5 h.45 , il faut voir la roche passer lentement d'un rose clair à un rouge intense à mesure que le soleil monte, sur les crêtes d'abord , dans quelques quarts d'heure toute la Scandola sera en flammes.
j'ai avancé sur ce chemin , de Conca à Girolata , j'ai avancé mais je sais que le terminus n'existe pas et qu'il me faudra autre chose , pour arriver à quoi ? Mais ça je l'aurais fait!
Deux chèvres sauvages se sont approchées de notre campement hier soir , curieuses et prudentes à la fois ; sauvages parce que non retrouvées par leur berger lorsque la réserve a été interdite aux troupeaux . elles devaient venir sur la plage pour trouver quelque nourriture dans les poubelles scandaleusement laissées dans cette crique par des plaisanciers ; elles nous ont observer quelque temps et sont remonter se perdre par là-haut .
Un jour , à midi , entre les pâtes et le fromage Jean- Louis m'a demandé si je voulais lire l'évangile du jour ; je me demandais un peu ce qu'était ce petit livre qu'il sortait de temps , surpris , je dis -" non merci Martin , je suis athée ." - "Pas de problème ! " Peut être devrais-je lui parler du " Petit Traité de l'Athèïsme " de Michel Onfray . Bof , encore une fois , et je pense à mon ami Bruno D. , il y a celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas !
Je tourne un galet rouge entre mes doigts , un cormoran plonge et disparait , le moteur d'un bateau au loin , le parfum du maquis toujours et après le poids de l'eau , le bruit de l'eau de la mer, cette mer polissant les galets , un mince filet de nuages coupe le soleil en deux , c'est bientôt le dernier jour , dernière heure , dernières vagues aussi, ici ; Jean-Louis va rentrer su Toulon , j'irais rejoindre les enfants vers le sud , à Kevanu !
La Dame de l'Eau
Assise sur le pas de la porte
A Girolata, tout en haut ,-
"Madame , où peut on trouver l'eau ? "
-" de l'eau? Mais l'eau , je vous la donne ! "
Et voilà donc , en quelque sorte ,
ce qu'on appelle une bonne personne ,
Remplissant gourdes et bouteilles.
Il y a tellement de soleil
Et nos deux sacs sont si lourds
Que vous dire merci est trop court !
23 novembre 2007
Notre Plage
Publié par
robert paravy
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02:59
21 novembre 2007
Girolata ! ! ! ! ! ! ! !
Là où il y la volonté , il y a un chemin "-( B . Whimper ) ....... Nous sommes à la Bocca di Crocce - Col de la Croix - Ce matin , à Porto , nous avons attendu un car qui n'est jamais arrivé . Nous avons hésité à faire la promenade de la Scandola qui nous aurait déposé à Girolata au retour , alors maintenant plus de bateau et pas de car ! Donc , Jean-Louis : le stop ! Pas trop d'attente , je remarque que les corses ne s'arrêtent pas pour les stoppeurs , c'est un couple de vacanciers qui feront quelques kilomêtres de plus pour nous laisser au pied du col , à ce qui est devenu un grand parking avec buvette et petits souvenirs , le maintenant célèbre chemin du facteur est indiqué , il y a un écriteau , 1 h. 45 , restos , pique-niques , touristes , ainsi va le monde !
J'ai vu ici une sitelle
un petit oiseau endémique
à cette ile qu'on dit si belle
cette ile c'est l'ile de Beauté
Elle voletait dans les lentisques
L'aulne odorant et les figuiers
elle nous suit même dans le sentier !
de 2225 m. à 0 m. , de la Bocca à é Porta à Girolata ,premier bain de mer à la plage de Vignola , plage de petits galets , à mi-chemin , plongée dans l'outremer , pas le Grand Bleu non , mais quelques brasses , le bonheur est dans cette eau , éblouissante sous le soleil car Girolata c'est la chaleur , c'est l'effort sous le plein soleil , Girolata se mérite par la sueur , je vois les pierres ocres du chemin du facteur à travers les gouttes du sueur qui me tombent du front , les vingt kilos sont toujours sur le dos et là , il faut aussi sup-porter le soleil . Nous n'avons plus trop envie de marcher , nous pensions aller jusqu'à Galéria qui est le terminus du Mare é Monti , nous décidons que Girolata est une fin en soi , pourquoi aller plus loin encore , ce lieu est préservé quand même - encore préservé ? -beaucoup de passage mais pas de voitures , pas de motos , pas de parking , pas de trottoirs , même les bateaux semblent avoir atteint leur but et se reposent ici . C'est beau , c'est tout ! !
Casse- croute sur la plage de ce petit port - Ah ces tomates ! -et nous continuons . Nous trouvons une petite crique pas très loin dans la direction de Galéria , un méchant raidillon pour joindre une plage de galets roses et noirs , elle est dans un trou entre deux rochers rouges et verts . comment je vais remonter ? C'est superbe , géant - n'est ce pas Martin ? - , il n'y a personne , nous sommes seuls , le golfe est grand ouvert devant nous .
Publié par
robert paravy
à
05:16
16 novembre 2007
vers la Mer.....
Un peu spécial notre bivouac ce soir sur la Mare é Mare Nord , pas vraiment d'endroit où planter les piquets de la Quecha T2+ , à part sur l'allée forestière dans la forêt d'Aïtone , le sol est dur, faire attention aux allumettes , ne pas oublier de prendre mes médicaments mais en 12 jours pas de lombalgie , pas de tendinite, pas de sciatique, pas de cruralgie alors que je ne peux même pas suivre la dernière 1/2 heure de Thalassa dans mon Roche et Bobois cuir vert sans souffrir du dos ; même pas de migraine alors que ....... Rien, rien du tout, pleine form ; sauf, sauf Jules et Jim. Ceux la me réveillent toutes les nuits et m'obligent à m'occuper d'eux plusieurs fois par jour, hier soir surtout , changer tous les pansements après cette descente dans la caillasse ; il n'y a pas de tigres en Corse , mais Jean-Louis avait dû mettre deux ou trois chèvres dans son moteur pour filer comme ça ! et le Scrabble ? ça aussi ! L'Excité du Scrabble ! Je le regarde sortir le jeu , compter les points , chercher ses mots , en inventer ! Cherche ! J'ai le temps d'aller me laver les dents , de compter les brebis du troupeau , de faire la cuisine et la vaisselle , de relire Guerre et Paix ou de réécrire le Bateau Ivre , même le traduire en araméen !Monique déjà, à ce jeu , pense qu'elle est seule au monde..... je vais détester ce jeu !
Evisa bientôt ! Notre bivouac était vraiment approximatif , interdit bien sur par le PNRC ; café sur le chemin , thé, biscuits St Michel ( en miettes ) , Ducolax et en route vers Evisa en suivant l'Aïtone , puis par le chemin des châtaigners , leçon gratuite de botanique sur des plaques posées sur le sentier ; tout sur l' Encre Perfide et le Chancre Parasite , maladies de ces arbres qui font la réputation d'Evisa , confiture et glace à la châtaigne et miel . Le bourg est accolé à la montagne à mi-chemin entre la mer et la montagne , enfin une vraie terrasse de bistrot , rafraichissements ( Pago et Orangina ) , odeur de pain frais dans la rue , deuxième repas resto ; ce sera Tomate au Broccio avec sa menthe fraiche rôtie au four, salade et jambon corse ; il y a bien LE gâteau à la châtaigne , mais nous avons envie de frais et de fruits , donc ce sera deux boules de glace Vanille et Menthe . On retrouve aussi dans ce bourg des prix presque corrects . Il faut dire ici les prix de chaque produit dans les refuges : 5 € le demi-fromage , 2€50 le paquet de Petit Brun , 4€ la boite de thon, 2€ la demi baguette de pain, 2€ la douche tiède à Vizzavona et la Piètra de 50 cl( et la tête qui tourne) 5€ ! On peut entendre qu'il y a moins de touristes !
On remet les chaussures et nous quittons Evisa , les châtaignes et le miel , vers 13 h.30. Au bout du village , à droite entre les deux chapelles , c'est le sentier Mare é Monti qui va longer la belle Spelunca . Ce seront les chênes verts , les sorbiers , les orpins , l'érable de Montpellier , les figuiers de Barbarie , les aulnes-bosquets , puis les gorges profondes de la rivière et ses piscines d'eau claire . Notre première pause sera un bain sous un pont Génois , en arc , que suivra un chemin en voie romaine . Un bain d'eau douce , entourés de libellules noires et de cris d'enfants ; un geai viendra se poser là , sur un rocher près de moi , curieux et tranquille ; l'eau est si douce , si claire ; Jules et Jim sont aux anges et remuent dans le courant , au frais , libres de bouger . Le sentier presque dallé remonte vers Ota , au dessus de nous la montagne devient rouge , annonçant le sublime Golfe de Valinco et Porto. Le chemin nous amène sur une .... route et un pont-parking où la rivière devient un bassin mélangeant sous le soleil , et le bleu et le vert , couleurs dans les lesquelles nous plongeons. Et...
J'ai vu aussi un très beau geai
entre les branches du sorbier
J'étais dans l'eau et je nageais
Je ne sais pas l'air que j'avais
ni ce à quoi je ressemblais
mais il s'est approché si près
que j'aurais pu le caresser
et lui donner la becquetée!
Petit stop à Ota, village sympa sous le Capo d'Orto qui s'enflamme petit à petit ; nous reprenons notre marche , sur une route , ce qui m'emmerde ; je décide d'essayer le stop , Martin n'est pas trop pour, je lui donne rendez-vous au camping municipal de Porto , 6 km. plus bas ; il est comme Vil Coyote , content de partir à son allure sur ses petites jambes musclées vers la MER , la mer toujours recommencée ! et découvrir le golfe à partir de la route , plus beau à chaque pas .Quelques vingt minutes plus tard il me voit passer dans une décapotable noire , conduite par un couple genre Dolce Vita , la quarantaine , Up to Date , tous deux le portable à l'oreille , bronzés bien sur , Elle , blonde évidemment : petit short-jean serré sur les fesses , Lui : marcel blanc et Ray-Ban , ma parole , ce doit Alice-Joanne et Alexander ! ou les cousins éloignés de Paris Hilton , mais si sympas ; ils me déposeront au pied de la passerelle du port de Porto . Jean-Louis arrivera 1 heure plus tard , assez étonné de mon anecdote stop . J'ai toujours aimé le luxe isn't ? ai-je choisi la voiture ?.....
Je revois les acacias de la plage de Porto , ses touristes toujours très nombreux ici , trop nombreux et toujours italiens , trop italiens . On verra .Ce soir , c'est soir de lessive et douche chaude , retour à la civilisation . nous irons regarder les étoiles , étendus sur les galets de la plage ,un mince filet rougeoyant encore à l'horizon , sous la tour génoise , illuminée par le coucher de soleil , la température a changé , nous sommes au niveau de la mer ; aussi nul besoin de se coucher à l'heure du JT de 20 h. , quelques fois même plus tôt ; nous n'avons appris qu'hier la de Michel Serrault , mort il y a une semaine , nous avions tout occulté , oublié le CAC 40 , la spéculation sur Nicox , la valeur en bourse de Mittal-Arcenor ou Exonhit Thérapeutics ; notre but demain , c'est Girolata , ce lieu qui m'a attiré à la vision du film de José Giovanni , La Loi du Survivant , vu dans les années 60 , dès le mot FIN je m'étais dit : J'irai là ! Ce sera alors la quatrième fois !
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robert paravy
à
00:45
12 novembre 2007
Quitter le GR 20 !
5 heures 20 !Nous ouvrons la tente , il pleut, un peu, le ciel est bas , gris. Poncho , Wayka , que nous quitterons peu de temps après , les nuages sont menaçants , mais bon , on verra , on a une pensée pour les gars qu'on a vu partir avec les frontales vers la brèche du Capitellu , c'est encore plus sombre de leur coté , pas facile pour eux . Déjà que ..... On verra . Pour nous la pente grimpante est douce , elle nous amène d'abord dans les bergeries de Vaccaghiu , et commencent alors de vastes plaines vertes , Cécile m'a envoyé un SMS , que je reçois ici , par hasard, " Bien reçu ( Une photo que je lui avais envoyée ) Courage! ". Pourrait-elle faire ce parcours avec Nico? Après tout elle a du sang corse et du sang savoyard ! Je me garderai bien d'encourager quiconque à s'aventurer sur cette course , veut me fâcher avec personne moi ! Je suis dans les grands pâturages verts puis dans une magnifique forêt de hêtres ( hêtre ou ne pas être sur le G20?) , à nouveau de grands tapis verts qui vont vers le Lac Ninu , source du Tavarellu , grands troupeaux de veaux , vaches , cochons , mais des chevaux aussi , on voit les poulains courir sur les pozzines et nous arrivons au Lac . Nous sommes à 1743 m. Grande Beauté ! Sérénité . Si le Paradis existait , il devrait ressembler à ce qui s'étale devant nous . Jean-Louis n'en revient pas . J'étais là il y a 32 ans , il y avait Hélène et nos deux filles , Céline 4 ans 1/2 , Cécile11 ans , des rires plein le coeur . On voudrait s'arrêter là , longtemps , jouir de ce calme , de cette vision , le lac est comme un diamant sombre , il est 8 h. , le matin est doux . Calme , Volupté , pas besoin de Luxe ici , rien qu'une barre de céréales partagée , une petite gorgée de........ thé à la menthe , quelques phrases échangées , des confessions intimes presque , le lieu s'y prête , on est près du sur-naturel . Difficile de quitter ce p'tit coin de p... mais le col de Vergiu est encore loin , une petite crête à franchir encore , crêt', crêt', crêt'...... traverser une autre hêtraie , se coltiner La Bocca San Pedru , ensoleillée et venté . Les arbres , pliés par les vents , offrent une ombre restreinte et agitée aux promeneurs qui arrivent du Vergiu , il y a des enfants sur des ânes , des couples , mains dans les poches et suants , des pique-niques dans des glacières . On se trouve un super petit coin entre deux rochers , protégé du vent , ombragé un peu , on re-quitte les chaussures ; dans deux ou trois heures on quittera ce sentier mythique pour prendre le Mare é Monti qui nous conduira à Evisa par la forêt d'Aïtone puis vers la mer. Sous mes pas, tant de souvenirs viennent , s'en vont , reviennent ; patchwork d'images que j'évoque avec Jean-Louis lors de nos haltes : Le Temple d'Or à Kyoto ; la pèche au poulpe dans la baie d'Ysé ; le Piton de la Fournaise ; la recherche d'améthystes dans le Haut Atlas ; la marche de Grand Rivière ; le shopping sous le ciel anglais de Gibraltar ; l'ile de Jersey et ses maisons chamallow ; le marché flottant de Bangkock ; la maison de Dali à Port Lligat ; la Pinacothèque de Munich ; le Prado à Madrid ; Le carnaval , non pas de Venise mais de Remiremont , aussi beau ; le Pont St Charles et L'horloge de Prague ; le Delta du Danube ; Venise trop vite visitée; le Windows on the World avec Kaye L. dans les Twin Towers ; la presse et la télé à Séoul au Plaza Hotel avec Kaye ; Central Park avec Cécile et les écureuils ; avec Cécile encore, perdus au fin fond du New Jersey ; la messe de Noël à Fort de France , tellement émouvante ; la panne d'avion à Anchorage ,manger au dessus d'une rivière à la Montagne des Singes à Kyoto et là , je peux ajouter la première Torra à l'Arbouse à Asinao sur le GR 20 et j'ajouterai et j'ajouterai.... pas de nostalgie non , sous mes pas les branches craquent et les stones still rolling...... c'est une importante forêt de pins Laricio qui nous fait arriver au Col de Vergio , le refuge qui est là ressemble à un camp de prisonniers et il est trop cher, ce qui veut dire trouver un autre bivouac sauvage , où ? Plus loin , car on ne s'arrêtera pas là .
Publié par
robert paravy
à
07:25
11 novembre 2007
Vers Mungallu
Les PATATES!!!!!! .... Ramasser les patates avant les orages du 15 Août ! Jean-Louis pense à ses PATATES! On discute et décide d'arrêter notre GR au Col de Vergio, il a envie aussi de voir la mer et la plage et veut &galement passer un peu de temps avec son fils qui vient de perdre un copain, mort d'un accident de moto. En regardant la carte ,on peut voir qu'un mare é monti nous conduira à Evisa et Porto. Il rentrera donc sur le continent pus tôt que prévu, je rejoindrai alors Cécile et Nico qui seront dans un camping à Kévano, ce sera bien comme ça. Il est dit que les étapes du Nord sont les plus dures , alors pas de regrets, on verra ça l'année prochaine surement et avec moins de poids sur le dos.
Aujourd'hui, 29, 30, 31 Juillet? on sait pas trop, mais c'est une grosse étape que j'appréhendais et que j'appréhende encore au moment du départ; étape des lacs qui nous fera monter à 2225 m. à la brèche de la Bocca a é Porta, par la Montagne de la Haute Route, mais quelle Beauté, quelle beauté! Ahurissant! Départ donc à 6 h.45, soleil à l'est, lune à l'ouest, la température est si douce,ç a fait mal tout de suite dans lers jambes après le café et les débris de Petit Lu, versant est puis versant ouest, d'un cairn l'autre auxquels j'ajoute et c'est le cas de le dire, ma petite pierre, mon petit caillou et heureusement d'une source l'autre. Quand je pense que j'ai donné comme titre à ma dernière exposition: L'Eau et la Pierre! Je suis servi ici, surtout la pierre . On a toujours peur de manquer d'eau, on va passer 6 litres aujourd'hui, sur cette étape dont je répète la splendeur. Les lacs de Rinoso, le Melo et le Capitellu, bijoux de saphir dans le fond des cirques. Les deux derniers que nous dominons de quelques centaines de mêtres. Arrêt casse-croute au dessus du Capitellu et du Melo, juste au dessous de la Brèche. autre Menu des Montagnes et petit Cours Sommaire ( pas de guitare non! ) de cuisine pour Martin; comment préparer la purée sardines à l'huile d'olive, ici sur ce rocher à 2157 mètres. Je repense à Melloune et Ysé; "Papy, t'es vraiment le roi de la purée " dit l'une; "C'est la meilleure du monde! " dit l'autre, purée suivie du fromage de brebis acheté à Onda- Le meilleur du monde! et, les pieds nus au dessus des lacs, un ersatz de cappucino ( Nescafé et lait en poudre) e puis un peu de repos avant d'affronter cette Brèche et des photos de ces merveilles etalées devant nos yeux, mais il faut y aller! Dur de remettre ses chaussettes ! Dur de re-hisser ce sac sur le dos! et durs les premiers pas! Jean-Louis est déjà 20 mètres au dessus de moi....et il m'imposera une descente vers Mungallu à travers un gros pierreux et éboulis pendant 2 h. 15 non stop; seul un petit arrêt photo arrivés aux pozzines ne me laissera même pas le temps de pisser. J'ai hésité devant la Brèche, le Martin aussi, par où la prendre? Droite? C'est un plaque très raide. Gauche? encore plus raide mais avec quelques prises? Martin à droite et je prends à gauche. On arrivera tous deux au sommet! Quand même! Je peux me féliciter ! Mon appréhension de ce matin était-elle infondée?
On voit le refuge de Mungallu au loin; on double un randonneur solitaire auquel je demande son age: 57 ans! Je reste bien le senior sur ce parcours mais je salue son courage(?) de le faire ainsi, seul et souffrant de tendinite. Il y a quelques jours déjà que, seul, j'aurai abandonné, je ne l'aurai même pas commencé. Merci Martin!
Publié par
robert paravy
à
02:43
9 novembre 2007
quitter Onda...vers Petra Piana
Chambéry .......J'avais 7 , 8 ans et je traversais souvent seul Chambéry pour aller chez ma grand-mère , du Pont de la Garatte à Joppet , il y avait un passage à niveau et je me rappelle ce fameux avertissement sur cette pancarte : - Danger ! un train peut en cacher un autre ! " elle me terrifiait un peu . Sur ce parcours , c'est un col qui en cache un autre , une crête qui en cache une autre , une brèche qui .........., ainsi d'un torrent l'autre , d'une combe l'autre , d'une source l'autre , d'un éboulis l'autre , pas de château ici mais de la pierre, du pierreux , et encore des gadins, granite , diorite etc ..... je passe ma main dans le thym et les immortelles , j'en vole un peu les senteurs ; puis c'est l'hellébore , le cyclamen , la bruyère blanche , l'asphodèle et la belle digitale . Il faut se méfier du maquis , il peut surprendre et blesser . Mais j'ai ma pharmacie, qui elle aussi pèse dans le sac : Alkaleïne , compresses , Compeed , tricostéril , ciseaux ,sparadrap , Myolastan , dextropropoxyphène , Migpriv , Bi-profénid , Dulcolax , Hansaplast , Voltarène , huiles essentielles de lavande , de romarin , d'origan , de petit grain , du Zolpidem ; Monique n'a rien oublié , c'est un ange....
Le ciel est gris de nuages , on a essuyé un peu de pluie dans la nuit à Onda , on a plié la tente mouillée , 500 gr. de plus sur le dos de Martin , on s'inquiète un peu , mais le soleil revient vite , on nous a parlé d'une étape pas trop difficile aujourd'hui . Aux bergeries de Tulla , j'ai enfin pu photographié des chèvres , peut être en ferais-je un tableau aussi.... C'était en Ardèche en 1965 au Mas du Bouchet , Cécile avait dix mois , premières vacances de jeune couple , nous étions avec Jacques L. qui créait là ses premières oeuvres dont la " Chèvre du Père Mathieu "qui curieusement , est maintenant la propriété de mon ami Dominique O. , et que je revois donc ,
il y aura alors les "Chèvres de Tulla"peut être.?.... Cet animal est beau , comme les panthères , les loups , les tigres . Ah , animal on est mal ! Et ......
Il y a le regard de la chèvre
jaune clair sous de grands cils
On peut penser qu'elle se maquille
Sa langue sort d'entre ses lèvres
Sans doute elle sait qu'on parle d'elle
Et de sa belle couleur cannelle
On dit qu'elle est la plus belle
Des bergeries de Cappanelle
Les nuages descendent sur Piétra Piana , il y a des morceaux de soleil encore sur la montagne . Piétra Piana est le plus haut des refuges sur le sentier, le plus beau aussi ; à 1840m. , nous avons une vision à 360 degrés et ce que nous voyons est d'une splendeur insolente , la Corse offre sa beauté en retour de nos efforts , il y quelques cris de randonneurs qui arrivent encore , nous avons croisé ce matin une enfant de 8 ans , " Elle monte bien " nous dit-on ! d'accord , je sais qu' il y a bien des poètes de 7 ans ! Eh, Rimbaud ! tu es là ? Pourquoi pas une alpiniste de 8 ans ? Imprudence ? Les morts ne sont pas absents dans l'histoire du GR20 !
Jules et Jim ! Ce sont mes orteils . Enfin , les deux pouces ; deux jumeaux ou presque . Amusant de les nommer ainsi , isn't ? L'un , Jules , le gauche , est plus noir ; l'autre , Jim , plus douloureux . Obligé de penser à eux , ils me réveillent la nuit , je me suis pourtant bien occupé d'eux hier, et ils sont aujourd'hui joliment habillés de sparadrap Jules et Jim . Heureux de sortir des chaussettes et chaussures chaque fin d'après midi et quelques fois même à la pause de midi , comme ce jour près des bergeries de Gagghiu , protégés d'un vent violent par des bosquets de petits aulnes , assis sur des crottes de chèvres ou brebis , à déguster -dixit Martin- des pâtes sauce vin blanc aux maquereaux . Nous avons longé un ruisseau et la rivière Manganelliu aux vasques et cascades superbes , nichés dans les pins . Nous étions partis à 6 h.40 et arrivés à Piétra Piana vers 14 H . Quel site ! 1840 mêtres ; panorama jusqu'à la mer côte est , les dernières heures nous ont servi un gros dénivelé par trois ravins successifs .... un bonheur dit-il ? Qui ? Martin ? Qu'en pensent Jules et Jim ?
Publié par
robert paravy
à
07:24
5 novembre 2007
Ain't talking , just walking .........Belle journée encore , avec des nuages le matin , pour la première fois la pluie menace , rude montée jusqu'au Muratello ( 2000m ) le GR passe à 2020, ensuite c'est une longue descente vers Onda , en croisant des groupes importants de randonneurs , nous sommes sous le Monte d'Oro, point culminant de l'ile, le soleil est là, le ciel est bleu, un bleu bleu, un bleu sorti d'un tube de caereléum clair, je vois tellement de sujets de tableaux. Pourquoi la peinture?Un besoin d'abord, puis le désir de partager la beauté et laisser quelques marques de mon passage sur ce globe." C'est un tableau de mon père!"-"C'est mon papy qui a fait ça!"-"Une peinture de mon arrière grand père!"-"C'est une oeuvre du grand père du neveu de ma belle-soeur!"-"J'ai acheté ce tableau à un copain de ma mère qui était ....." ! Je rêve?.....Oui, peut être que je ferais un tableau de ces belles vaches parmi lesquelles nous nous arrêtons pour casse-crouter, un menu inédit d'ailleurs! Ce n'est pas les pâtes à la Goudouni mais la Purée du Muratellu! Mousseline avec lait en poudre, avec du thon en boite écrasé dedans, et cela cuisiné à 2000 m. d'altitude au milieu de vaches intriguées mais tranquilles. Super géant! Succulent, Robert! C'est pas extra ça ? C'est Jean-Louis toujours, Jean-Louis qui évalue 50 brebis quand il y en a 200, qui confond chênes et châtaigners, demande à un vrai belge si il est corse, je n'ai pas fini de m'étonner avec lui..... Nous avons quitter Fort Alamo ce matin vers 6 h. (pas trop démoli le fort, nous avons résisté à quelques assauts! bâton et piolets! ) avec la chance de gravir le Muratellu à la fraiche, le refuge de l'Onda est tout en bas, loin, dans une plaine ensoleillée.Pas de pluie donc, mais une grosse chaleur, grand beau! Nous avons presque l'après-midi devant nous.Extra! Douche, repos, lessive et scrabble! C'était notre 7 ème étape, mais je pense à du sable blanc, à des vagues se mourant à mes pieds.
Publié par
robert paravy
à
04:18
Vizzavona-Onda ...10 km




This morning petite escapade à Corte avec les CFC ( chemins de fer corses ) et cette célèbre micheline qui traverse la haute montagne d'Ajaccio à Bastia par de nombreux tunnels, beaucoup de monde l'emprunte, nous sommes au mois d'Août , les paysages sont si beaux. Alors, pharmacie , quelques provisions , c'est un rapide aller-retour donc un court repos. Il était convenu de repartir vers 16h-16h30 et marcher 1h-1h30 , mais mon Martin, à 15h : "On bouge ?" et il parle de marcher 2h- 2h30! Est-ce qu'il veut dormir comme les mouflons sur les crêtes? ou comme les singes de Gibraltar sur leur rocher? Mais bon , on bouge , la tente est déjà pliée et on commence cet après-midi l'étape de demain , jusqu'à Onda ; Vizzavona est à 920m , Onda 1436, et à 10 km. On emprunte tout d'abord le très beau sentier thématique dans les pins Laricio (endémiques à la Corse dont le bois n'était exploité qu'à partir de l'age de 350 ans) , les hêtres , le houx , les genévriers , les genêts et les cailloux bien sur, jusqu'à la cascade des Anglais qui sont décidément partout ( j'ai vu la Baie des Anglais en Martinique, le sentier des Anglais à la Réunion ) . C'est un lieu très fréquenté , nombreux vacanciers en famille , il y a des bassins d'eau si claire où le minéral se mire , beaucoup de cris d'enfants , des corps allongés sur de grandes dalles plates , des sacs de pique-nique , odeurs d'huile solaire , ça nous change , on s'arrête un peu , c'est beau et... ça grimpe encore , autant de temps gagné finalement , presque 2 h. déjà , on cherche des bergeries qu'on ne trouve pas , on s'inquiète pour l'eau , pas facile de trouver une place pour passer la nuit , peut être ici ou là , mais il y a des cochons , je sais ce que ça veut dire, je préviens Jean-Louis que l'on doit méchamment se barricader. Branches mortes , racines , pierres petites et grosses , tronc d'arbres même , feuillages . C'est Fort Alamo qu'on construit, et les trois petits cochons sont là et nous assiègent . Y a pas de méchant loup ici , juste deux randonneurs qui doivent protéger leur bouffe . Et.........
Maintenant c'est le cochon noir
Sauvage, avec ses deux petits
Ils voudraient bien manger ce soir
Mon saucisson et mes radis
Il faut bien, avec un bâton
Les éloigner de mon jambon
Publié par
robert paravy
à
03:07
2 novembre 2007
Cappanellu-Vizzavona
Grande journée dans de magnifiques forêts de pins maritimes et sylvestres d'abord, puis de grands aulnes à s'en croire le Roi (sic!), pas trop de difficultés aujourd'hui, peu de dénivelé et maxi 5 heures de marche. Beaucoup de torrents traversés, de belles bergeries, et des veaux, vaches, cochons, un peu de fraicheur,et les pins laricios. Pour une des rares fois que je passe devant Jean-Louis, je le perd et j'arrive seul à Vizzavona-Gare, je ne me fais pas de souci, il retournera sur ses pas, retrouvera les marques et je n'ai qu'à attendre au bar de la gare devant une trop bonne et attendue Piétra-pression, il arrivera une heure plus tard, souriant, no problem! fallait juste tourner à droite non ? Eh bien oui !
Pas de vrai refuge ici, un peu nul, des places pas très propres dans la forêts près de la voie ferrée, au bord d'une rivière un peu degueu à cet endroit, mais pas le choix si l'on veut s'arrêter ici, il y a le resto et une douche chaude à 2 euros(!). On repartira demain dans l'après-midi pour dormir à la belle étoile + haut.
Demain nous attaquerons la partie Nord du GR, nous sommes ici à mi-distance en kilomètres du parcours, nous avons donc 90 bornes dans les pattes, en six jours! la partie nord comprend de plus hauts sommets + nombreux + durs. Il y a évidemment la pénibilité des ascensions, alors c'est l'accélération du rythme cardiaque, le souffle qui petit à petit manque, mais les descentes ne sont pas plus aisées, c'est l'amorti des pas pour les genoux et les chevilles, l'échauffement violent de la voute plantaire, les orteils servant de freins, ce n'est pas de la gomme qu'on laisse sur le sentier mais les ongles des pieds que je vois noircir jour après jour. Il faudra en changer cet automne! des ongles tout neufs! Je pense à Monique, ma chérie, 1992, la descente vers Girolata puis la remontée dans la journée avec ses toutes petites chaussures; elle y avait, ma douce, laisser ses ongles manucurés devenus noirs pendant plusieurs semaines.
Deux autre randonneurs vont dans le même sens que nous. Nous les rencontrons à plusieurs reprises, temps de pauses ou aux refuges le soir, l'un est du Lot, l'autre de l'Aveyron,ça nous permet quelques photos de "groupe", le plus jeune connait la Reunion, on évoque la Roche-Ecrite, le panorama grandiose de Mafate, Dos d'Ane etc...Ah les iles, entre le ciel et l'eau....
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robert paravy
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06:13
1 novembre 2007
Etape de repos donc, jour de resto enfin, peut être truite de la rivière, légumes verts, glace à la châtaigne, je me suis même concocté , en regardant défiler les kilomètres sous mes ampoules , le menu Idéal-Type c'est à dire : 2 tomates-arbustes de Takamaka , 2 autres de Girolata , une belle darne de Marlin cru au citron vert de Case Pilote, un petit gratin de chayotte de Salazie , une assiette de charcuterie de Calacuccia , un fiadone arrosé d'eau de vie , notre extraordinaire salade de fruits tropicale avec ananas victoria , papaye , banane-figue , pittaya , goyavier et mangue , oui je peux penser à tout ça devant le potage tomate vermicelle de Martin-Knorr.......Pour le moment on marche avec nos cinq kilos de plomb (eau!) et l'alimentation... manger le melon le soir pour s'alléger, éviter d'en porter la peau pour rien, il faudrait emmener les sardines sans la boite, les oeufs sans leur coquille , comme l'eau sans les bouteilles , les pommes sans leurs pépins , comme la vie sans les emmerdes!.........................
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robert paravy
à
08:44
