5 heures 20 !Nous ouvrons la tente , il pleut, un peu, le ciel est bas , gris. Poncho , Wayka , que nous quitterons peu de temps après , les nuages sont menaçants , mais bon , on verra , on a une pensée pour les gars qu'on a vu partir avec les frontales vers la brèche du Capitellu , c'est encore plus sombre de leur coté , pas facile pour eux . Déjà que ..... On verra . Pour nous la pente grimpante est douce , elle nous amène d'abord dans les bergeries de Vaccaghiu , et commencent alors de vastes plaines vertes , Cécile m'a envoyé un SMS , que je reçois ici , par hasard, " Bien reçu ( Une photo que je lui avais envoyée ) Courage! ". Pourrait-elle faire ce parcours avec Nico? Après tout elle a du sang corse et du sang savoyard ! Je me garderai bien d'encourager quiconque à s'aventurer sur cette course , veut me fâcher avec personne moi ! Je suis dans les grands pâturages verts puis dans une magnifique forêt de hêtres ( hêtre ou ne pas être sur le G20?) , à nouveau de grands tapis verts qui vont vers le Lac Ninu , source du Tavarellu , grands troupeaux de veaux , vaches , cochons , mais des chevaux aussi , on voit les poulains courir sur les pozzines et nous arrivons au Lac . Nous sommes à 1743 m. Grande Beauté ! Sérénité . Si le Paradis existait , il devrait ressembler à ce qui s'étale devant nous . Jean-Louis n'en revient pas . J'étais là il y a 32 ans , il y avait Hélène et nos deux filles , Céline 4 ans 1/2 , Cécile11 ans , des rires plein le coeur . On voudrait s'arrêter là , longtemps , jouir de ce calme , de cette vision , le lac est comme un diamant sombre , il est 8 h. , le matin est doux . Calme , Volupté , pas besoin de Luxe ici , rien qu'une barre de céréales partagée , une petite gorgée de........ thé à la menthe , quelques phrases échangées , des confessions intimes presque , le lieu s'y prête , on est près du sur-naturel . Difficile de quitter ce p'tit coin de p... mais le col de Vergiu est encore loin , une petite crête à franchir encore , crêt', crêt', crêt'...... traverser une autre hêtraie , se coltiner La Bocca San Pedru , ensoleillée et venté . Les arbres , pliés par les vents , offrent une ombre restreinte et agitée aux promeneurs qui arrivent du Vergiu , il y a des enfants sur des ânes , des couples , mains dans les poches et suants , des pique-niques dans des glacières . On se trouve un super petit coin entre deux rochers , protégé du vent , ombragé un peu , on re-quitte les chaussures ; dans deux ou trois heures on quittera ce sentier mythique pour prendre le Mare é Monti qui nous conduira à Evisa par la forêt d'Aïtone puis vers la mer. Sous mes pas, tant de souvenirs viennent , s'en vont , reviennent ; patchwork d'images que j'évoque avec Jean-Louis lors de nos haltes : Le Temple d'Or à Kyoto ; la pèche au poulpe dans la baie d'Ysé ; le Piton de la Fournaise ; la recherche d'améthystes dans le Haut Atlas ; la marche de Grand Rivière ; le shopping sous le ciel anglais de Gibraltar ; l'ile de Jersey et ses maisons chamallow ; le marché flottant de Bangkock ; la maison de Dali à Port Lligat ; la Pinacothèque de Munich ; le Prado à Madrid ; Le carnaval , non pas de Venise mais de Remiremont , aussi beau ; le Pont St Charles et L'horloge de Prague ; le Delta du Danube ; Venise trop vite visitée; le Windows on the World avec Kaye L. dans les Twin Towers ; la presse et la télé à Séoul au Plaza Hotel avec Kaye ; Central Park avec Cécile et les écureuils ; avec Cécile encore, perdus au fin fond du New Jersey ; la messe de Noël à Fort de France , tellement émouvante ; la panne d'avion à Anchorage ,manger au dessus d'une rivière à la Montagne des Singes à Kyoto et là , je peux ajouter la première Torra à l'Arbouse à Asinao sur le GR 20 et j'ajouterai et j'ajouterai.... pas de nostalgie non , sous mes pas les branches craquent et les stones still rolling...... c'est une importante forêt de pins Laricio qui nous fait arriver au Col de Vergio , le refuge qui est là ressemble à un camp de prisonniers et il est trop cher, ce qui veut dire trouver un autre bivouac sauvage , où ? Plus loin , car on ne s'arrêtera pas là .
12 novembre 2007
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