25 septembre 2007

suite 7 ème .......

Cinq jours sans me dégager les intestins! Je commençais à m'inquiéter, mais ce soir à Prati, terme de la 4ème étape, je peux me rassurer, juste failli tourner de l'oeil dans les toilettes du refuge. Intéressant isn't ? Mais beau parcours aujourd'hui, 6 heures de marche + les pauses, ça va!Long parcours sur des courbes puis des crêtes un peu dures parce que la fatigue, puis longue descente vers Prati, le refuge, vue magnifique sur la plaine orientale, Ghisonaccia peut-être et Aleria. Les plages sont loin et proches à la fois. A notre arrivée, nous profitons de la fin d'après-midi au soleil, doigts de pieds écartés sur une pelouse douce et verte près de chevaux curieux et familiers . Nous avons franchi quelques cols de + 2000 m. to-day, se reporter au guide pour les noms, il y en a tant à retenir! Suis toujours étonné du peu de monde rencontré, au maxi une vingtaine de personnes qui font Nord -Sud et trois ou quatre dans notre sens Sud-Nord ; au refuge ce soir 7 ou 8 tentes , quelques 5 ou 6 randonneurs dans le gite et une vingtaine de chevaux . Moyenne d'age : 35 ans ou moins ; beaucoup recherchent un exploit , la performance . Je peux dire que je pense à autre chose , à miss P... par exemple selon le nom donné à cette maladie par François Nourrissier, voilà une semaine que je n'ai pas dans mon esprit l'image si dure de Pierre M.B. , et de Jean A. atteint de cette autre vacherie que l'on peut appeler mister A .... et je pense aussi , hélas, à ces presque conscrits que sont Pierre L. , parti d'un cancer du foie , comme Joél B. , emporté en début d'année , à mon cher Bruno D. , mal en point mais si courageux et l'autre, le Rénat', parti dans d'atroces souffrances mais que j'aurais voulu tuer il y a vingt ans! . Que nous réserve la vie ? Ce que c'est que vieillir!.. Je suis là, près des montagnes , et à cette hauteur, je me dis que j'enrichis ma vie avec cette expérience . Heureusement j'avais pu m'entrainer un peu dans cette autre ile , au mois d'Avri l, l'Ile-Nature , la Réunion ; la montée du Pic Adam , traversant les bois de goyaviers , la Plaine des Chicots dans les forêts de cryptomérias , l'impressionnante crête du Piton Noir dans le brouillard , la Roche Ecrite dans les bois de couleur. Plus d'efforts ici bien sur, il y a le mal aux pieds d'abord et surtout, puis le souffle , le souffle court et je me remémore tout à coup Audiberti , Jacques Audiberti comme le chantait Nougaro, qui a écrit une pièce qui s'intitule Le Mal Court.Voilà! cette rando c'est le mal court! Il y aura des photos , il faudrait une carte mémoire de X Go , dix mille photos pour tant de beautés , avec 2 personnages: Lui ( Jean-Louis Martin, banquier, féru de montagne et d'effort) et Moi , cherchant des sensations ; une photo : Lui ; une photo : Moi et cette Corse , omniprésente , majestueuse , tellement tout , saturée d'air et de soleil ; j'entends des brebis là-haut , très hau t, on mangera leur fromage ce soir ; je pense à tous ceux que j'aime , j'aimerais partager cette beauté avec eux!!!

Mon coeur mon coeur ne t'emballe pas,
Fais comme si ça montait pas
La Montagne est toujours là
Même si tu entends
Tout en bas le torrent
ça grimpe encore et encore
Il faut savoir doser l'effort! ( sur l'air de Mathilde ! J. Brel )

8 septembre 2007

Suite.... 6éme.....

Quelle étape! je l'ai voulu ce GR! eh bien je l'ai! je le voulais depuis mes premiers séjours en Corse, depuis la montée vers le Lac Nino en 75 avec la famille Spay, Céline avec ses lunettes rose ou rouges, Ségolène et sa "petite jupette, Cécile et Savignien les inséparables, la découverte du lac, son gazon, sa couleur, les chèvres accrochées à la roche, c'est moi maintenant qui m'accroche comme je peux! Quel dénivelé! 1200 mètres aujourd'hui et et nous atteindrons Usciolu 11 heures plus tard!
Hier après midi, arrivés a Asinao au flanc de la montagne, Jean Louis remonte la tente, et on doit la rabattre une demi-heure plus tard, un hélicoptère de secours est annoncé et doit se poser sur l'aire du refuge, il va générer un vent de plus de 300 kmh dans quelques minutes. Impressionnant!Tous les randonneurs se couchent sur leurs tentes ou s'éloignent. Une grosse libellule rouge sort des nuages dans un bruit énorme, elle doit récupérer une jeune Anglaise, entorse ou fracture va savoir! portée à dos dans l'engin qui disparait très vite derrière les montagnes, des photos sont prises. Super! Comme au cinéma! Les Randonneurs!
Mais l'étape...... 2 ou 3 heures de trop pour moi; partis par une ascension très dure jusqu'à l'Incudine, 2025 m, puis la vision très lointaine du refuge, éloignée de 3 heures par un sentier de crêtes qui n'en finissait pas et dangereux par endroits, je ne ressentais plus que de la fatigue, le plaisir n'était plus là, le souffle court, la langue comme une râpe à parmiggiano, le "Martin" prenait son pied, moi j'avais MAL aux pieds. et je me pose la question. Irais-je jusqu'au bout?
Mais quelle beauté, partout où le regard se pose, à l'ouest avec loin là-bas Figari et les anses de Caldarello ou Pianottoli, à l'est derrière nous le Golfe de Porto Vecchio et devant, les grands étangs de la plaine orientale et ces cols tout autour de nous. On oublie la douleur mais elle revient et s'impose. Ah, poser les chaussures, poser le sac et boire ,boire et économiser l'eau! Nous arriverons à Usciolu l'inaccessible, la nuit sera bientôt là et sera fraiche, la Torra aussi, la tente sera dressée pour la 3 éme fois!

7 septembre 2007

De Conca à ........

Suite!.... 5éme......

Lever 5 h30! direction Bavella où nous pourrons nous ravitailler,nous arrivons à l'ouverture du magasin d'alimentation, tomates, sardines, pain, pommes, bananes;on boit un café à la Terrasse(où j'avais diner diner un soir, il y a deux ans, avec Monique, retour d'une visite à Nico et Cécile qui campaient à Kevano, bon accueil, bon repas!) et quel café!Ah le café de Bavella!!!!Tout simple pourtant.... du café Corsica et l'eau! mais l'eau de Bavella !tout est là! et vous vous en souvenez! N'est ce pas Martin ?
Nous repartons.....nous ne prenons pas la version alpine qui passe par les Aiguilles, nous restons fidèles au GR, 1 h 30 de plus mais moins abrupte. Beaucoup de touristes font la boucle version alpine-pique nique-retour par GR, promenade d'une journée. Nous commençons par une grande courbe sous les Aiguilles, site grandiose s'il en est, une longue courbe dans la pierraille puis dans les pins, et les épaules se meurtrissent un peu! Ecouter son corps! quelle expression! c'est quoi ? Faut il poser son oreille sur les lombaires ou derrière les genoux? Je sais juste qu'il me faut être prudent même 50 mêtres derrière Jean Louis, je sais qu'un faux mouvement risque d'être terrible pour mon dos et m'immobiliser; faudrait juste appeler un hélicoptère et me rapatrier et il n'y a pas de réseau Orange ici, et les randonneurs ne sont pas si nombreux, moins que je le pensais en tout cas.
Je dois parler de l'eau, du poids de l'eau surtout, il nous en faut beaucoup, on dispose à deux de 5 litres, on consomme le double presque, heureusement nous trouvons des sources mais le poids? Mettez 1 kg de plomb dans une main et 1 kg d'eau dans l'autre; bizarre, isn't?ça nous met un sac à dos entre 15 et 20 kgs sur le dos. Depuis quand n'ai-je pas marcher avec un tel poids?Je le sais! Depuis Septembre 1961, deuxième Classe du Servie de Santé de l'Armée Française, j'accompagnai une section du 6 éme BCA de Grenoble au Lac de la Muselle dans l'Oisans pour l'aménagement d'une piste d'hélicoptère à 2000 m. d'altitude où nous pèchions les truites du lac avec une ficelle et une épingle à nourrice.......et nous arrivons au Refuge d'Asinao, au flanc d'une montagne assez aride , le chemin est pentu bien sur; le ciel se couvre et c'est tant mieux, la montée se fait sans soleil,je suis 100 m. derrière le Martin. Hé Jean Louis ! Super! Extra! Sublime! Ah Le café de Bavella! Nous sommes au rfuge. Il y a du monde.Anglais, Allemands, Belges, Italiens et qui d'autres ?Le gardien du refuge est sympa , très sympa, il n'est pas Corse! et il y a de la Torra! à l'Arbouse! On dresse la tente enfin, le ciel se dégage à l'Est ......

5 septembre 2007

de Conca à .........

suite.... 4 éme épisode....

17 ans! 17 ans d'écart entre Jean Louis et moi ! et il doit me rendre une douzaine de kgs ! Je vais vite m'en rendre compte ! Mais nous arrivons à Paliri , premier refuge , première étape , vers 15h30 , nous pensons faire une petite pause là et remarcher une heure ou deux pour prendre de l'avance sur la marche de demain . La journée a été OK , mise en jambes et premier plantage de chemin , deux allers et retours dans un sentier de plus en plus impraticable et recherche de marques , que nous retrouvons grâce à des randonneurs arrivant nord-sud ; puis un arrêt aux ruines de Cappeddu , bel endroit à l'ombre avec une source à 300 mètres que nous avons du mal à trouver . Paliri donc ; repos et douche , je vais le tour du refuge , le plein d'eau et en revenant vers Martin, je vois qu'il a changé d'avis et monté la tente ; ok c'est bien , on passe la nuit ici ; je vais acheter du pain ; le Refuge est tenu par deux corses , père et fils ; le fils à l'air du benêt du coin et le père d'un bandit sorti des pages de Colomba ; le pain est une miche de 15 cm à 1 euro 50 , 15 cent. le centimètre ! et j'apprends que le tarif du bivouac est de 4 euros par personne ; Jean louis est parti se doucher , je suis furieux et démonte la tente , nous ne resterons pas ! -" c'est vous qui trouvez trop cher ?
- oui, on s'en va !
- Alors dépêchez-vous de ficher le camp
- on est déjà partis !
Jean louis revient , étonné . j'ai presque déjà mon sac sur les épaules ; J'explique ! il est d'accord bien sur , on trouvera un autre coin pour une autre nuit sauvage .
Une heure et demie plus tard c'est pas évident , le chemin est étroit , caillouteux , y a pas le choix , il a la largeur d'une personne à peine , ça suffira ! Soupe , pâtes, oeuf dur , fromage . -Exquis ! huummm ! succulent !-Il y a une belle demi-lune , nous sommes à l'abri du vent , qui est assez violent - Géant ! Génial !- Je suis fatigué mais il y a le Diantalvic et le Stylnox et une heure et demie d'avance sur demain !

4 septembre 2007

j'en avais rêvé ( de Conca à Girolata )

(Suite .... ) il es t 19 heures et nous traversons Conca à la recherche du départ de ce mythique GR dont on dit qu'il est le plus dur d'Europe, je l'ai voulu, je suis là et la montagne me regarde , semble dire "- alors? tu montes ?". J'ai pris la plume déjà, et je vais raconter ça , mêlant impressions de marche et souvenirs de cette ile que par à-coups je fréquente depuis 40 ans .C'est un anniversaire! Juillet 1967 à Juillet 2007 entre Erbalunga et Sorio( La maison du Grand-Père d'Hélène déclarée ruine l'année dernière) , entre Barccagio et Bonifacio entre le Fiadone et le Lonzo , entre la pêche à la palengrote et les sources du Niolo ; mais la montée commence et elle est assez rude , nous allons bivouaquer à la tombée de la nuit , sur le sentier; ce ne sera pas les suites de l'Impérial Hotel de Tokyo ou de Bangkok ( La Chambre de Somerset Maughan) , le 44 à New York décoré par Philippe Stark , les Fermes de Marie de Megève ou le Plaza de Séoul , non , ce sont les cailloux du chemin sur lesquels je vais étendre mon matelas (?) et essayer de dormir le nez dans le thym , la tête sur une pierre , avec le raffut du vent ; nous avons marcher 1 heure et demie , le jour décline , les jambes ont déjà souffert , nous sommes environ à 600 mètres d'altitude, il reste beaucoup à faire ; Jean Louis s'allonge "- C'est extra; c'est géant" et s'endort . Je vais compter les étoiles , et il y en a tant !!!!!